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| La gouvernace en question |
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Créé en 1998, l'ITGI (IT Governance Institute) est un promoteur actif de la gouvernance informatique dans l'entreprise, notamment à travers son guide Cobit. L'enquête 2006 (**) de cet organisme international - qui interroge à la fois des directeurs informatiques et des PDG - permet de mesurer les progrès et les obstacles dans la mise en oeuvre de cette méthode. Point positif, ayant progressivement pris en compte son importance stratégique, les dirigeants se préoccupent davantage de l'informatique : 63 % d'entre eux l'incluent de manière régulière dans leur ordre du jour, contre 58 % en 2003. Mais l'implication au plus haut niveau reste faible : 24 % seulement des PDG interrogés sont chargés de la gouvernance informatique. Et pourtant, étonnamment, mais c'était déjà le cas en 2003, les dirigeants sont davantage persuadés que les DSI de l'importance stratégique de l'informatique : 67 % contre 54 %. Toujours le même paradoxe : les technologies de l'information sont bien sûr prioritaires pour le business de mon entreprise, pense le patron, mais ce n'est pas à moi de m'en occuper... D'autant que les premiers bilans de la méthode Cobit montrent sa complexité et son poids : ce n'est pas une mince affaire que de la mettre en oeuvre dans les règles. On a bien compris qu'il fallait gouverner, mais on ne voudrait pas non plus passer son temps à changer son organisation au détriment des affaires courantes, se disent les dirigeants. Même les obligations réglementaires du type Sarbanes-Oxley n'ont pas eu l'effet déclencheur souhaité : seuls 38 % des utilisateurs de Cobit déclarent que ce type de contrainte fut la véritable raison d'introduire cette méthode dans leur entreprise. Autre écart de perception surprenant : 64 % des PDG pensent que le service informatique comprend bien les besoins des utilisateurs business, contre seulement 55 % des responsables informatiques. Ils ne se valorisent apparemment pas assez ! Accessoirement, l'enquête confirme les doutes actuels sur l'externalisation, surtout outre-Atlantique : 45 % des sondés américains la jugent inefficace. Bref, on éprouve le sentiment d'évoluer entre deux eaux : si le message sur la gouvernance est passé, la mise en oeuvre se heurte à des réticences ou à des interrogations. La solution passe sans doute par un peu moins de théorie et un peu plus de bonnes pratiques : qui a fait quoi, et qu'est-ce que je gagne avec Cobit ? Surtout que l'ITGI reconnaît que de nombreux Monsieur Jourdain de la gouvernance sont à l'oeuvre. De même, faut-il se réjouir d'apprendre que « le nombre d'entreprises ayant déclaré ne pas avoir de problèmes informatiques est passé de 7 % en 2003 à 21 % en 2005 » ? Cela laisse 79 % des entreprises face à des difficultés. Par ordre décroissant d'importance : problèmes humains, coût et ROI, incidents de production, visibilité sur la performance, problèmes d'outsourcing, déconnexion entre les stratégies business et informatique, problèmes de sécurité, mauvaises fonctionnalités. La gouvernance réglera-t-elle vraiment tous ces dysfonctionnements d'un coup de Cobit magique ? source : http://www.01net.com/article/318245.html |